2009 – Biographie d’un  grand père de 87ans, commandée par ses petits enfants.

“… Quand j’ai eu 12 ans, en 1934, mon père s’est retrouvé paralysé, à cause de la tension. On la soignait pas bien à l’époque. Il était en train de poser des buses à la sortie d’un champ avec un copain. D’un seul coup il est tombé. C’est son copain qui l’a ramené à la maison, dans une brouette, juste avant midi. Je m’en souviens bien, c’était un vendredi, pour manger j’avais un hareng saur. Je voyais papa, il était dans un état… on aurait dit qu’il était mourant. On a tout de suite appelé le docteur.
totem-papierCe fumier de docteur s’est pointé qu’à 10 heures du soir ! Il lui a collé des sangsues, à l’époque c’est ce qu’on faisait. Ensuite il lui a fait une saignée, le sang était tellement épais qu’il coulait pas…”

 

2008 –  Commande d’une structure accueillant des jeunes en difficulté : recueil et écriture des témoignages de certains d’entre eux. (Ces témoignages ont donné lieu à une représentation par la troupe du théâtre Fiat Lux).

article2-gd“… Juste avant de quitter le Burkina, je suis allé à Bomfora avec mon grand frère, voir une cascade. Elle était trop belle, c’était un coin de paradis en Afrique. Tu as la cascade et rien autour. Rien, pas une habitation, rien que la végétation, la cascade au milieu de nulle part, c’est trop beau. Mais pour y aller, pfouuuu… 50 kilomètres en mobylette, c’est long, surtout à l’africaine.

(…)

 

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La route, faut voir, c’était pas une route, c’était même pas une piste. On passait dans le sable, à d’autres endroits dans la boue, des fois c’était inondé. Là il fallait descendre de la mob et la porter à deux pour qu’elle soit pas mouillée. On a mis plus de 3 heures pour faire les 50 kilomètres, génial !

Plus tard j’y suis retourné une autre fois, mais c’était avec une plus grosse moto, c’était moins bien. C’était plus la première fois…”

 

2006 – Histoire familiale recueillie auprès de 2 sœurs.

“…Cette souffrance de ma mère a fait le lit de la mienne, dès mes premières années de scolarité. L’année de mes six ans, comme mes frère et sœur, je fus placée en pension dans un établissement religieux, bien qu’il ne fut éloigné que de 2 ou 3 kilomètres du domicile familial. La présence de notre grand père atteint de tuberculose rendait nécessaire cet éloignement, destiné à nous préserver des risques de contagion. Ma sœur et moi n’étions pas dupes, ce n’était pas la seule raison, puisque après le décès de notre grand père nous sommes restées pensionnaires. L’explication tenait davantage à des motifs d’ordre matériel, et à l’envie de nos parents de ne pas avoir à s’occuper d’enfants en plus des travaux de la ferme.
Je n’ai jamais osé poser la question à ma mère.
memoire-maireJ’ai vécu très douloureusement cette séparation avec ma famille. Au début, la présence de ma sœur dans le même établissement atténuait ma peine. Mais après son changement de classe je me suis retrouvée complètement seule. Ce fut terrible pour moi. J’étais perdue, désemparée, au point de compromettre ma scolarité…”

2008 –  Commande de la municipalité de Trégueux. Biographie de l’ancien maire de Trégueux (48 ans de mandat) écrite à partir de nos entretiens.

“… Suite à la loi Guichard, en 1970 ou 1971, préconisant la fusion entre communes, Saint-Brieuc a voulu mettre ce texte en application et faire de Ploufragan, Trégueux et Saint-Brieuc une seule commune. Bien évidemment la population briochine était favorable à ce projet. Les habitants de Trégueux l’étaient moins. Attachés à leur commune, ils n’avaient pas envie de la voir disparaître, même au profit d’une plus grande agglomération au sein de laquelle ils ne seraient plus qu’un quartier parmi d’autres. (…) Pour montrer à Saint-Brieuc que ce refus n’était pas seulement celui du maire, j’ai organisé un référendum local. Le résultat fut sans appel, les habitants de Trégueux votèrent “non” à plus de 90 %…”

2007 – Témoignage professionnel d’un maître d’œuvre.

“… La construction d’une étable m’a valu mes plus grosses sueurs froides. Je sais que ça peut surprendre, mais l’explication tient à ses dimensions. L’école et la mairie étaient des bâtiments de petite taille et ne posaient pas de problème technique particulier. L’étable par contre était une bâtisse de 20 mètres de long sur 15 de large. C’était la première fois que j’abordais la technique du béton armé sur de pareilles dimensions. Sur des poutres de 20 mètres de long, les indices de portée et de résistance ne donnent pas droit à l’erreur, je ne pouvais pas faire n’importe quoi. A l’époque les vibreuses n’existaient pas, il fallait remuer le ciment à la main pour le tasser, et sur de telles longueurs, l’opération n’était pas évidente, loin de là. Les nuits précédant le décoffrage je rêvais que tout allait s’écrouler. Ce jour fatidique arriva… Mes gars ont commencé à décoffrer, j’étais tendu à un point… je savais que mon avenir professionnel était en train de se jouer…”

2006 – Récit d’une vie professionnelle, commandé par l’épouse de l’intéressé.

“… C’est en survolant l’Autriche que nous avons connu notre deuxième incident. Nous survolions Munich quand soudain, l’un des deux moteurs s’est arrêté. Le pilote et le copilote se sont affairés pour le faire repartir, sans succès. Ils ne semblaient pas trop inquiets. Le pilote, sans doute pour me rassurer, déclara qu’on pouvait parfaitement poursuivre notre vol avec un seul moteur. Il le fit avec une telle assurance que je me suis demandé pourquoi le constructeur de cet avion avait jugé utile de l’équiper de deux moteurs.
article3-gdQuelques minutes plus tard, le deuxième moteur s’est également arrêté. Sur l’écran de l’altimètre je voyais défiler les chiffres à toute allure, indiquant la vitesse vertigineuse à laquelle nous perdions de l’altitude…”

Pépé Lulu raconte… Histoires et Souvenirs.

“… Quand je suis arrivé à Saint-Lô, en 1947, j’ai trouvé à loger dans une des rares maisons à être restées debout après les bombardements. Ah faut voir ce qu’ils ont pris sur la gueule ! J’étais au premier étage, on était quatre dans la piaule, et c’était un prisonnier allemand qui faisait le ménage. Il m’a aussi donné un coup de main pour faire mes meubles. Après tout, c’était un prêté pour un rendu, moi je les avais bien aidés à fabriquer leurs avions…”